Les pesticides et leurs dangers pour la santé

Article d’Alexandre Imbert


Plus de trois millions de téléspectateurs ont regardé, le 2 février dernier, l’émission Cash Investigation, animée par Elise Lucet sur France 2

Le reportage, consacré à la consommation de pesticides en France et à ses conséquences sanitaires, a sans doute ouvert les yeux à beaucoup de gens qui ont découvert à quel point l’eau que nous buvons, les aliments que nous mangeons et l’air que nous respirons sont imprégnés de ces poisons. Jusqu’ici, seuls les médias alternatifs, comme nous, criaient au scandale. Aujourd’hui, personne ne pourra plus dire qu’il ne savait pas.

Je ne vais pas vous redire ici ce que vous pouvez voir en replay sur internet, mais je ne peux m’empêcher de revenir sur cette scène jubilatoire du reportage tournée au Procope (un grand restaurant parisien proche du Sénat et de l’Assemblée nationale) où l’on voit le président du laboratoire Syngenta France, Denis Tardit, entouré d’une demi-douzaine de parlementaires, oser bafouiller que les « bénéfices sociétaux » des produits phytopharmaceutiques permettent « tous les jours d’avoir une alimentation de qualité et peu chère ». 

On entend, en fond, le sénateur du Jura, Gérard Bailly (LR), beugler  « les médias se croient tout permis ! », celui de Haute-Saône (Michel Raison, LR) se fourvoyer avec une remarque très significative « Vous seriez contente si on venait vous déranger, chez vous, lors d’un repas de famille ». Il y a aussi des gens du ministère de l’Agriculture, mais ils ont plongé le nez dans leur assiette en voyant la journaliste et leur nom n’est pas cité dans le reportage.

Hormis ce morceau de bravoure, on retiendra de ce reportage que la disparition des pesticides (ou même la réduction de leur emploi) n’est pas pour demain. Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll parle d’une échéance à 2025 pour diviser par deux les 65 millions de tonnes de pesticides déversés chaque année sur nos terres. Le patron de Syngenta se prend pour un bienfaiteur de l’humanité, les sénateurs sont « de la famille » et les agriculteurs restent persuadés qu’il n’y a pas d’autre moyen pour obtenir les rendements qui leur permettront de rembourser leurs crédits. Quant aux consommateurs, ils n’ont pas d’argent pour se payer des produits bio ou de l’eau de bonne qualité.

Nous voilà bien, nous, les hommes de bonne volonté, engagés dans une lutte qui dérange tout le monde. Car on ne voit pas bien ce qui pourrait permettre d’inverser la tendance, ni nous protéger de ce fléau. Même en étant particulièrement prudents, nous continuerons à respirer et à boire. Quant aux aliments bio, ils poussent quoi qu’on fasse sur cette terre empoisonnée, ils s’abreuvent de la même eau frelatée que nous. Nous sommes piégés, c’est le mot, et nos prédateurs sont lobotomisés, mais féroces et puissants.

Le lâcher-prise, la bienveillance, l’ouverture des consciences, l’initiative individuelle, les comportements alternatifs.
Rien de ce que nous voyons éclore aujourd’hui n’aura d’effet contre ces gens-là.
C’est ce que j’ai conclu à l’issue de ce reportage en me disant, avec tristesse, qu’il faudra sans doute envisager un « grand soir » pour en finir, celui où on mettra leur tête sur une pique.
Tant pis pour la bienveillance.

 

Nous comprenons aisément la position (un peu) extrême d’Alexandre au vu d’un tel scandale sanitaire au vu et au su de nos gouvernants. C’est intolérable, mais faut il faire la révolution pour nous faire entendre ? Faut il  faire tomber les têtes pour que cela change ?

Et si le changement venait de nous autres, consommateurs, sans verser de sang ni changer de gouvernants, car nous sommes encore en démocratie et le pouvoir appartient bien au peuple !

Il serait bien plus facile d’agir à notre niveau, de faire notre part aussi petite soit elle et sans forcément passer par les urnes, car comme vous le remarquerez, cela dure depuis trop longtemps et ce quel que soit le gouvernement en place !

  1. Et si nous faisions travailler nos petits producteurs locaux en se fournissant directement chez eux ou sur les marchés plutôt que d’aller faire nos courses au supermarché dont on sait que la politique du profit maximal les oblige à se ravitailler avec des produits à la qualité minimale. En privilégiant la qualité à la quantité, nous choisirions des produits biologiques ou à défaut de  produits peu traités (la plupart des petites exploitations restent raisonnables dans leur recours aux phyto-sanitaires) faciles à trouver dans des coopératives, des associations de type AMAP ou sur les marchés locaux. Bien sûr les légumes auront peut-être une « sale » gueule, un peu de terre sur les feuilles, ou d’un calibre hors norme …

  2. Et si on cultivait notre propre potager certes plus facile à la campagne mais pourquoi pas en ville sur les balcons ou les toits terrasse et se mettre à plusieurs pour mutualiser les efforts et le temps. Qualité, fraîcheur et économie garanties !

  3. Et si on boycottait tous les plats industriels dont on sait qu’ils sont préparés avec des ingrédients de qualité minimale issus de l’agriculture intensive qui utilise les pesticides à grande échelle. Il suffirait de prendre un peu plus le temps de cuisiner des plats maison, qui peuvent être très simples de préparation. Sinon il serait plus intelligent de réduire le temps passé devant la télévision ou l’ordinateur.

  4. Et si on boycottait les produits phyto-sanitaires utilisés par un grand nombre de jardiniers amateurs au profit de produits plus naturels et respectueux de l’environnement.

  5. Et si on adhérait à des associations locales, à des mouvements qui informent et responsabilisent les consommateurs sur une autre voie de production, de consommation et bien sûr de réflexion. Le fait de changer de vision (en ôtant les lunettes du conformisme et de l’économiquement correct) nous donnera d’autres voies de réflexion propices à un changement en douceur, pacifique et moins déstabilisant.
    Je pense au mouvement Colibris initié par Pierre Rabhi.
    Il n’y règne aucun sectarisme hormis celui du retour aux vraies valeurs humaines.
    http://colibris.ning.com/

 

 

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Cet article a 2 commentaires

  1. ça me fait plaisir de vous lire ! c’est positif tout ça ! même si c’est tardif, le « monde » se réveille, espérons que l’impact des reportages comme celui d’Elise Lucet soient constructif et réveillent les consciences du grand public !
    potiblogueur Articles récents…potager vertical: doublez la taille de votre jardinMy Profile

  2. Merci pour le commentaire. C’est vrai que informer et sensibiliser doit être un des rôles majeur des journalistes … Dans ce cas ci l’enjeu sur la santé des enfants a été plus impactant pour un réveil du « grand public « .
    Sympa votre article sur le potager vertical 🙂

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