La joie de vivre !

Cette semaine, notre lettre vous est proposée par Victoire Malard, responsable des événements pour l’association. Elle vous parle de l’un de nos prochains rendez-vous qui portera sur un thème qui lui est cher : le bonheur !

Mardi 14 juin, l’IPSN organise à Paris une conférence sur le bonheur, avec le Pr Michel Lejoyeux (à ne pas confondre avec Henri Joyeux !), professeur de psychiatrie à l’université Denis-Diderot (Paris), et chef de service de l’AP-HP et à l’hôpital Maison-Blanche. Il a écrit un livre passionnant qui s’intitule « Tout déprimé est un bien portant qui s’ignore ! »

La conférence a lieu à la Maison des associations de solidarité – Salle Emile Laffon – 10 rue des Terres au Curé – 75013 Paris. S’inscrire par ici.

« Qu’est-ce qui nous rend heureux et en bonne santé tout au long de notre vie ? »

Spontanément, la jeune génération pense à l’argent ou à la célébrité. Selon, le Pr Robert Waldinger, psychiatre américain et professeur à la Harvard Medical School, la science contredit cette idée préconçue. La recette pour vivre longtemps, heureux et en bonne santé, n’est ni dans le portefeuille ni dans la célébrité ou dans un travail acharné, mais dans la qualité des relations que nous avons avec les autres !

Quatrième directeur de l’étude d’Harvard sur le développement adulte, commencée en 1938 et portant sur 724 hommes suivis et interrogés tout au long de leur vie, Robert Waldinger a révélé fin 2015 les résultats obtenus1. Cette étude est la plus longue jamais réalisée sur la vie adulte, elle a durée 75 ans et se poursuit aujourd’hui sur les 2000 enfants de ces hommes. Pour Robert Waldinger, il y a trois leçons essentielles à retirer de cette étude. [1]

Tout d’abord, les liens sociaux sont très bons pour l’homme…

« Les personnes ayant davantage de relations avec leur famille, leurs amis, la communauté, sont plus heureux, vivent plus longtemps et sont en meilleure forme physique que les personnes ayant moins de relations » [2]

Cette idée tient peut-être à la nature même de l’homme. En effet, Aristote, dans La Politique, définit l’homme comme un animal politique (anthropos phusei politikon zoon). Il montre ainsi que la Polis ou cité est la communauté humaine parfaite, qui permet non seulement la satisfaction des besoins des individus mais aussi leur épanouissement intellectuel et affectif. L’homme devient homme parmi les autres, en vivant dans une société régie par des lois et des coutumes. L’homme développe son potentiel et réalise sa fin naturelle dans un contexte social. Dans l’Éthique à Nicomaque, cette fois, Aristote définit le bonheur (eudaimonia) et en propose deux modèles : un bonheur contemplatif, propre aux dieux, et un bonheur découlant de la vie politique, accessible aux hommes. Pour Aristote, si l’homme vit en société c’est pour y réaliser son bonheur.

…et la solitude tue

Cette étude d’Harvard va même plus loin en montrant qu’à l’inverse, la solitude est « toxique » [2] et « tue ». [2]

Les personnes qui sont plus isolées qu’elles ne le voudraient se sentent moins heureuses, leur santé décline plus tôt, dès le milieu de la vie. De surcroît, les capacités de leur cerveau déclinent plus vite, et leur durée de vie est plus courte que celles des personnes qui ne sont pas seules.

Cette donnée a une résonnance toute particulière si l’on regarde de près la population française. En effet, en 2013 la Fondation de France a publié un rapport sur les solitudes en France3 et montre que, depuis 2010, l’isolement relationnel est en progression continue. Selon cette étude, 5 millions de personnes sont seules, soit 12 % des plus de 18 ans.

Les chercheurs de la Fondation de France distinguent l’isolement vécu de l’isolement ressenti. Le rapport précise : « Dans certains cas, c’est moins la fréquence des contacts sociaux que la qualité de la relation qui est cœur du sentiment d’isolement. » [3]

Privilégier la qualité des relations

C’est la qualité des relations avec les proches qui compte pour être heureux et en bonne santé tout au long de notre vie. Robert Waldinger met deux points en avant :

  • « Les relations chaleureuses » [2] ont un effet protecteur sur notre santé.

Dans l’étude, les chercheurs ont remarqué que les quinquagénaires satisfaits des relations entretenues avec leurs proches deviennent des octogénaires heureux et en bonne santé.

  • Les relations aimantes atténuent et même préservent des aléas liés à l’âge.

Les personnes heureuses et toujours complices, avec leur conjoint par exemple, sont heureuses malgré des douleurs physiques. À l’inverse, la douleur émotionnelle augmente la douleur physique. Les relations de qualité protègent le cerveau.

Bâtir des relations durables

Robert Waldinger souligne que les personnes qui sont dans une relation durable à 80 ans, qui savent qu’elles peuvent compter l’une sur l’autre, ont une mémoire mieux affûtée et cela plus longtemps. À l’inverse, la mémoire décline plus tôt chez les gens installés dans une relation incertaine.

Robert Waldinger n’oublie pas de préciser qu’une relation durable n’est pas une vie lisse, sans disputes, mais simplement le fait de savoir que l’on a un soutien solide, un roc pour les coups durs.

Les relations profondes bonnes pour notre santé : une sagesse vieille comme le monde

Vieille comme le monde oui, mais difficile à mettre en œuvre au quotidien. Il n’y a pas de solution miracle pour les relations avec la famille, les amis, les collègues, les voisins. Simplement se souvenir qu’être aimant, gentil, et communiquer avec toutes ces personnes chaque jour, chaque année, tout au long de la vie est la clé de notre bonheur. Là se trouve notre santé !

« L’enfer, c’est les autres »

Qui n’a pas entendu ou prononcé cette phrase un jour, terriblement agacé par les gens dans les transports en commun, ou après une dispute avec un ami ? Mais cette formule de Jean-Paul Sartre, « l’enfer c’est les autres », est souvent mal comprise. Elle irait même dans le sens du propos de Robert Waldinger ! Et Sartre, d’expliquer à propos de cette formule : « […] Cela marque simplement l’importance capitale de tous les autres pour chacun de nous. » [4]

Qu’en est-il du bonheur ou du malheur des Français ?

Les chiffres sur la dépression et la consommation d’antidépresseurs en France sont des indicateurs significatifs.

« La dépression est un trouble mental courant se caractérisant par une tristesse, une perte d’intérêt ou de plaisir, des sentiments de culpabilité ou de dévalorisation de soi, un sommeil ou un appétit perturbé, une certaine fatigue et des problèmes de concentration. La dépression peut perdurer ou devenir récurrente, entravant ainsi de façon substantielle l’aptitude d’un individu à fonctionner au travail ou à l’école ou à faire face à sa vie quotidienne. » [5]

La dépression est l’une des maladies psychiques les plus répandues. Selon une enquête réalisée en 2005 par l’Inpes, 19 % des Français de 15 à 75 ans (soit près de 9 millions de personnes) ont vécu ou vivront une dépression au cours de leur vie. [6]

En ce qui concerne la consommation d’antidépresseurs, selon l’OCDE7, en 2015, la France consomme par jour 50 doses pour 1000 habitants. Ce chiffre situe la France en-dessous de la moyenne par rapport aux 28 pays comparés. Certains médias se félicitent et concluent par exemple que « les Français ont malgré tout encore le moral. » [8] Cependant, en 2009, ce même taux était de 40 doses pour 1000 habitants. Voir ainsi ce taux augmenter n’est pas très rassurant pour la santé mentale des Français et leur bonheur.

Suis-je dépressif ?

À lire ces lignes, on pourrait presque se demander « suis-je dépressif ? », puisque c’est si répandu. En particulier pour la lectrice de cette lettre. En effet, la dépression est deux fois plus fréquente chez la femme que chez l’homme. Un petit check-up vite fait pour se rassurer : appétit, humeur, sommeil, estime de soi, relation avec son conjoint, ses enfants, ses parents… Bon, tout va bien ou presque. À la rigueur un petit coup de blues ? Cela arrive. Alterner joie et tristesse est signe de bonne santé. Mais est-il possible d’agir quand la déprime arrive ?

Le pouvoir de résistance

Le premier paragraphe du livre du Pr Michel Lejoyeux, cité ci-dessous, nous plonge d’emblée au cœur du chemin vers notre bien-être mental et notre bonheur en affirmant qu’il ne tient qu’à nous-même d’aller bien et d’avoir une vie heureuse :

« Tout déprimé est un bien portant qui s’ignore. Paradoxe ? Pas si sûr ! Il y a en nous une capacité à traverser sans encombre les coups de déprime, de tristesse, de nostalgie ou de regret. Nous avons des pouvoirs de résistance inexploités, même quand tout paraît aller de travers. C’est ma conviction, nourrie par ma pratique de la médecine et de la psychiatrie. Elle est confirmée par les expériences les plus récentes sur le cerveau. Le bon sens médical et psychologique est plus utile qu’on ne le croit. » [9]

Entretenir son moral

Comme on entretient son physique en allant faire du jogging, ou de la zumba (programme d’entraînement physique combinant des éléments d’aérobic et de la danse jazz), en mangeant sans sucre, sans sel, sans gluten, on peut tout aussi bien engager un programme bien-être pour son esprit. La prévention pour être en bonne santé existe pour le corps physique mais aussi pour la santé de l’esprit ! Comment agir ?

Des gestes simples pour changer son état d’esprit

Pas besoin de médicament ni de thérapie, il faut simplement savoir se poser les bonnes questions, pratiquer quelques techniques et exercices pour changer son état d’esprit et adopter un style de vie antidéprime. En voici deux exemples parmi les différentes pistes possibles détaillées par le Pr Michel Lejoyeux dans son livre :

  • Les bienfaits du vert

Une expérience d’un chercheur anglais a montré que les personnes vivant dans un quartier boisé consommaient moins d’antidépresseurs que les personnes vivant dans un environnement sans arbres. La nature donne envie de bouger, de se dépenser. De plus elle invite à la méditation, éloigne ainsi les angoisses. On communique avec la nature et l’on se sent moins seul. « Plus vous allez passer de temps à contempler une plante, un paysage, ou pour certains un animal, plus vous allez vous sentir de bonne humeur. » [9]

  • L’effet Mozart 

Il s’agit de « l’action euphorisante la plus régulière et troublante8 » obtenue à l’écoute de la musique de Mozart. Sa musique a une action objective sur le cerveau qui a été démontrée par les recherches « psycho-musicales », et en particulier la Sonate pour deux pianos Kochel 448. L’action de la musique de Mozart sur les neurones est d’augmenter leur résistance au stress et d’augmenter le facteur de croissance neuronal. Le Pr Michel Lejoyeux nous apprend aussi que cette sonate « a été utilisée pour aider les nouveau-nés prématurés à reconstituer leurs neurones pendant ou après leur séjour à l’hôpital » [9].

Le cerveau : une machine à bonne humeur

L’outil principal mis en œuvre dans ces exercices est notre cerveau. Encore faut-il savoir l’utiliser et savoir que c’est un organe plastique qui peut être modelé ; savoir aussi qu’il est important de le maintenir actif. Il est en effet possible de « développer les fonctions de votre cerveau qui portent les émotions les plus agréables. » [9]

Et c’est tout l’intérêt du propos du Pr Michel Lejoyeux qui nous fait l’honneur de venir parler plus en détails et avec conviction lors de la conférence organisée par l’IPSN sur le thème « Vivons heureux ! Tout pour entretenir son moral », le mardi 14 juin à 19 h 30.

Le Pr Michel Lejoyeux rencontrera le public et dédicacera son livre à l’issue de la conférence.

Vous pouvez vous inscrire, c’est par ici.

Joyeusement vôtre,

Victoire Malard

IPSN

 

L’importance de notre humeur, de nos émotions, de notre énergie, de nos relations aux autres – sur notre santé n’est plus à démontrer – il est de la plus haute priorité de trouver tous les moyens naturels pour parvenir à un état émotionnel stable et durable.

Les autres facteurs étant une nutrition saine alliée à un poids stable, un microbiote intestinal équilibré, une bonne hygiène de vie (exercice physique non stressant), un sommeil de qualité.

Pour améliorer votre métabolisme et équilibrer votre poids, le Programme Poids Santé ™ peut vous aider. Regarder la vidéo pour en savoir plus : 

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